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Soigner une tendinite

Le terme tendinite est tout d'abord dans la plupart des cas inapproprié pour désigner les douleurs persistantes et qui peuvent même devenir chroniques parfois à nos tendons  car l'on sait désormais que la composante inflammatoire (désigné par le "ite") n'est que rarement à l'origine du problème. C'est d'autant plus vrai dans les cas où il s'agit de douleurs ciblées à l'insertion du tendon sur l'os (téno-périostite) comme par exemple dans la grande majorité de ce que nous avions coutume d'appeler des épitrochléites (l'une des possibles tendinites du coude). Et voici donc au passage une raison de plus pour écarter définitivement les infiltrations de produits cortico-stréroïdes du panel de traitements possibles des tendinites, ou plus justement nommées des tendinoses.


La souffrance d'un tendon est souvent liée, dans un premier temps, à une dégradation de la qualité des ses fibres périphériques qui peuvent avoir été lésées lors d'un mouvement effectué dans des conditions inappropriées : échauffement (et donc lubrification) insuffisante, matériel inadapté ou mal réglé, hydratation insuffisante, mouvement trop répétitif, trop violent, d'une amplitude exagérée ou même souvent  combinaison de plusieurs de ces facteurs. 

La réparation des tissus conjonctifs lésés, lorsqu'elle est possible (si la personne fait une pause dans l'activité ou le mouvement qui est à l'origine du problème ...) s'effectue à partir de fibres collagènes dont les qualités élastiques et de glissement sont moindres, dans un premier temps au moins, comparé aux fibres originelles. Des micro-lésions se reproduisent à la moindre sollicitation et le problème est auto-entretenu, touchant parfois des fibres plus profondes ou se rapprochant de l'insertion sur le périoste (les micro arrachements suggèrent une réparation par la structure osseuse, favorisant ainsi une calcification du tendon, fréquente par exemple lors des tendinoses chroniques du muscle sus-épineux).

Le traitement efficace d'une tendinose :

- commence donc inévitablement par la mise au repos temporaire du tendon concerné, le temps que le processus de réparation puisse véritablement débuter
- requiert une bonne hydratation (les tissus récupèrent plus vite lorsqu'ils sont débarrasés des toxines qui peuvent s'y accumuler)
- réclamme une bonne vascularisation (le sang apporte les élèments qui permettent la reconstruction des tissus), or les tendons sont constitués de fibres très peu vascularisées. Les massages transverses profonds et prolongés, réalisés plusieurs fois par jour dans un premier temps, sont donc d'une grande utilité, voire même nécessaires.
- nécessitent une hygiène de vie, et une alimentation notamment, qui rendent possible cette réparation (favoriser les aliments riches en collagène et acides gras oméga 3 et 6, à l'inverse, alléger les viandes)

Sur ces bases, une rééducation bien guidée peut se mettre en place :

- L'étirement doux et contrôlé des fibres nouvellement réparées du tendon, favorisant ainsi leur densification ainsi que l'amélioration de leur qualités élastiques et de glissement, est obtenu efficacement par une contraction excentrique du muscle auquel il se rattache. Rapellons qu'une contraction excentrique d'un muscle est une contraction dont l'intensité est insuffisante pour contrebalancer la force à laquelle elle s'oppose, induisant donc un éloignement des leviers osseux. Cette contraction excentrique peut être obtenue de plusieurs façons :

- Une contraction volontaire du ou des muscles antagonistes. Cette excellente méthode réclame une bonne connaissance de l'action du muscle par lequel s'insère le tendon douloureux. Rappelons que le muscle antagoniste est celui qui fait l'action opposée.

Par exemple, le triceps brachial, muscle de la face postérieure du bras est le muscle antagoniste du biceps brachial. Si l'on reprend l'exemple de l'épitrochléite, les muscles dont les tendons s'insèrent sur l'épitrochlée, protubérence osseuse située sur la face interne et inférieure de l'humérus effectuent une action de flexion de la main sur l'avant bras et ont également un rôle dans l'adduction de la main (ou autrement dit participent à son inclinaison en rapprochant le petit doigt du cubitus). D'une position de départ où la main est en flexion sur l'avant bras et le petit doigt le plus près possible de celui-ci, l'action de serrer très fort la main va entraîner une contraction des muscles flechisseurs de l'avant bras dont ceux s'insérant sur l'épitrochlée. La contraction des muscles extenseurs de la main sur l'avant bras tout en maintenant la contraction des fléchisseurs, si elle est suffisante amener la main progressivement en extension provoque la contraction excentrique des fléchisseurs et est de ce fait bénéfique aux fibres des tendons s'insérant sur l'épitrochlée.



- L'aide d'une tierce personne 

(exemple dans le cas d'une tendinite de l'épaule, pour le tendon du sus épineux : d'une position d'élévation latérale pour les bras, votre partenaire vous appuie sur les coudes pour les rapprocher de votre corps en ajustant la force appliquée en fonction de votre résistance et de vos instructions. Vous remontez en position de départ sans qu'il appuie, soulageant ainsi la phase de contraction concentrique)


- L'utilisation d'une charge additionnelle : vous exercez une action de freination du mouvement et soulagez ou supprimez la charge lors de la phase concentrique.

Dans les 3 cas, vous pouvez faire plusieurs fois dans la journée jusque 4 séries de 15 à 20 fois le mouvement en prenant environ 1 minute de pause entre chaque série.


Vous devriez sentir les bienfaits de cette méthode dès le 3 ou 4 ème jour  ! Attendez toutefois que la douleur ait complètement disparue pour reprendre en douceur et après échauffement l'intégralité de vos activités.


Notez également que la phytothérapie s'avère une aide précieuse pour lutter contre la douleur lorsque le ou les tendons concernés sont situés près de la peau, comme c'est le cas par exemple des tendinoses d'achille, des téno-périostites du tendon du quadriceps, des épicondylites et épitrochléites, des tendinoses du long biceps. L'application de cataplasmes d'aiguilles de pin sylvestre notamment s'avère très efficace grâce aux propriétés analgésiques de cette plante médicinale.

Article Tags: #tendinite
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