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Remettre du sacré dans la restauration

    • 1 messages
    January 19, 2010 7:33 PM CET
    Philippe Durrèche est un apôtre de la cuisine collective bio depuis 10 ans et il conseille beaucoup de collectivités notamment pour redonner du goût aux repas de nos enfants. Il commente souvent à chaud l'actualité et nous vous diffuserons ses chroniques.
    Intarissable sur ce sujet, il répondra à toutes vos questions.[/i:4caaf0cf70]


    Des chercheurs se sont penchés sur les habitudes alimentaires des habitants de l'Ile d'Okinawa au Japon appelée également l'Ile des Centenaires. Après étude, ils ont mis en évidence les quatre facteurs clé de leur exceptionnelle longévité et de leur santé au cours du processus de vieillissement. Il est avéré que dans nos pays civilisés, une mauvaise alimentation et surtout l'alimentation actuelle constitue « l'engrais avec lequel poussent les cancers » comme aime à le rappeler Philippe Durrèche, apôtre de l'alimentation bio.

    UN REGIME SACRÉ

    Sur l'Ile d'Okinawa, il y a très peu de place pour l'élevage et la culture. Les habitants consomment donc essentiellement du poisson et des algues. Les protéines animales sont absentes des repas. Un des facteurs clés de leur alimentation est le « hara hachi » qui consiste à toujours manger un peu moins que sa faim, on peut ainsi parler de relative frugalité. Le « kutu gwa » encourage à ne manger que de petites portions et le « nuchi gusmi » invite à manger en pensant que les aliments absorbés ont des pouvoirs en matière de guérison. De plus, il est indispensable de respecter l'acte de manger et le cérémonial qui l'accompagne. Les Okinawaïens consomment en moyenne 1800 calories par jour contre 2300 calories en France. Une véritable révolution doit s'opérer dans nos assiettes.

    DANS NOS CANTINES

    La qualité des repas dans les cantines scolaires est particulièrement affligeante. Les causes de cette réalité sont les suivantes :

    • La peur de l'intoxication alimentaire qui a conduit à la suppression de la cuisine, de l'acte culinaire, du repas préparé « avec amour » par les personnels de mairie.
    • Les cuisines ont été fermées au profit de plateformes d'assemblage et de logistique qui livrent les repas « clé en main » pour une moyenne de deux euros par enfant.
    • L'utilisation de produits à mastication faible et rapide. Ne pas mastiquer c'est l'assurance du sentiment de faim dans les deux heures suivant le repas.
    • La très mauvaise qualité nutritive des aliments proposés aux enfants, produits contenants des taux de lipides inadmissibles et pourtant largement consommés car ils « plaisent » aux enfants,. Ils ne demandent aucune compétence culinaire et sont excessivement bon marché !
    • Le bas prix des repas est la résultante de la concurrence féroce des entreprises qui détiennent le marché de distribution. Prix de référence, aucun acteur n'oserait s'en démarquer de peur d'être « hors marché ».
    • Le temps insuffisant dédié pour le pour déjeuner.
    UNE PRISE DE CONSCIENCE

    Réintroduire le Sacré dans la restauration est une étape importante et indispensable selon Philippe Durrèche. « La religion est toujours intervenue dans l'alimentation, le jeûne chez les chrétiens, l'absence de porc chez les musulmans, la vache sacrée en Inde... [/i:4caaf0cf70]».

    Dans la cuisine, il doit y avoir une dimension de l'amour : donner à manger aux gens que l'on aime, cuisiner pour faire plaisir. Cela crée ce lien affectif entre les parents et les enfants. Recevoir ses amis et aller chez le traiteur n'a pas la même dimension que passer devant les fourneaux avec envie et bonheur. Malheureusement cela n'existe plus dans les cantines scolaires. Privés de cuisine, de personnels compétents, les écoles servent chaque jour des centaines de plateaux repas préparés par des sociétés de restauration collective dont on taira le nom par charité.Le produit est ainsi dévalorisé, il ne vaut plus rien. Fabriqué pour moins de un euro, ce plateau repas est vendu deux euros aux collectivités qui le revendent trois euros aux familles. Le constat est terrible, la restauration collective est avant tout un
    moyen pour les dirigeants de ces sociétés cotées en bourse de faire de l'argent pour ses actionnaires!

    Sacraliser la nourriture serait de ramener le plat à table, de prendre ainsi le temps de partager la même chose. Aujourd'hui la médiocrité des repas organise un gâchis considérable : c'est mauvais donc on jette! Les enfants ne goûtent plus, ils avalent. Pourtant mastiquer c'est la santé, il suffit de se référer aux valeurs alimentaires des habitants de l'Ile d'Okinawa. Mâcher c'est s'imprégner d'un goût, d'une saveur. Pour lutter contre l'obésité qui est, en France, un problème de santé public même si les chiffres ne sont pas aussi alarmants qu'aux Etats-Unis, il est indispensable de changer (ou retrouver) nos habitudes alimentaires, réintroduire les notions de plaisir, d'envie, en offrant aux enfants des aliments de qualité, nutritifs et bons pour la santé.

    Tout le travail de Philippe Durrèche est de conseiller les collectivités territoriales sur l'urgence et la manière de mettre en place dès la crèche, un système de cantines qui offrira à l'enfant une alimentation saine, variée, équilibrée, bonne pour sa santé et celle de la planète.
    • Modérateur
    • 9485 messages
    January 19, 2010 8:52 PM CET
    ouais j'ai déplacé et modéré l'adresse

    je surveille de près